Vanille de Madagascar : exportation et importation

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L’économie malgache est en partie tributaire de l’exportation de produits non transformés, tels que la vanille Bourbon. Cette épice très prisée à travers la planète. Elle appartient au secteur agricole qui concerne plus de 60% de la population active et 35% du PIB. La vanille de Madagascar représente près de 10% du PIB du pays. Elle est la deuxième source de devises après le nickel. Ainsi, Madagascar est depuis plusieurs années de suite, le principal exportateur de vanille naturelle. Le pays couvre depuis le siècle dernier, plus de 70% des besoins mondiaux en vanille. L’Ile produit plus d’un millier de tonnes chaque année. Il est passé de 1.500 tonnes en 2019 à 2.000 tonnes pour l’année 2020.  À Madagascar ce sont des entreprises d’envergure qui se chargent de l’exportation de la vanille, parfois avec d’autres produits issus de l’agriculture (café, ananas, girofle…).

Ces exportateurs sont regroupés dans le GNEV (Groupement National des Exportateurs de Vanille), et le GES (Groupement des Entreprises de la SAVA). Ce dernier regroupe également les collecteurs et les préparateurs de vanille. Le GES est aussi chargé de défendre les intérêts des exportateurs de vanille au niveau national mais également à l’extérieur du pays.

Prix de la vanille à l’exportation

Le prix de cette épice est hautement spéculatif. Alors que le coût de production de la vanille est relativement bas, son prix de vente en revanche est exagérément élevé. Malheureusement, les agriculteurs ne bénéficient aucunement des montants faramineux que gagnent les intermédiaires et les exportateurs qui achètent leur production. En plus des efforts consentis par ces paysans tout au long du processus de production, ils prennent de gros risques pour sécuriser leurs exploitations et les protéger des pilleurs. Pour la saison 2020-2021, le gouvernement malgache a fixé le prix de la vanille à 250 dollars FOB le kilogramme. En 2017 le prix du kilogramme avait atteint les 700 dollars, notamment à cause de l’ouragan Enawo ayant dévasté le tiers de la récolte.

Procédure d’exportation

Dans le but d’organiser l’exportation de la vanille malgache, le gouvernement dresse chaque année la liste des entreprises autorisées à exporter. Cependant, elles sont appelées à respecter certaines conditions. Ainsi, elles doivent d’abord s’acquitter de leurs taxes et impôts professionnels auprès du centre fiscal. Ensuite, elles devront acquérir une carte statistique, puis s’inscrire auprès du Registre du Commerce et des Sociétés. Pour un exportateur étranger, il faut détenir une Carte d’Identité Professionnelle des Etrangers Non-salariés (CIPENS).

Par ailleurs, tout exportateur devra s’assurer que la vanille qu’il s’apprête à exporter soit mûre. Aussi, elle ne devra pas avoir un taux d’humidité dépassant les 38% ou comporter des traces de moisissures. Concernant son conditionnement, elle ne devra pas être emballée sous vide, sachant que l’emballage choisi devra comporter une étiquette assurant sa traçabilité. La vanille de Madagascar doit lors de sa procédure d’exportation être accompagnée de la facture de vente, de la preuve de paiement, ainsi que d’un certificat phytosanitaire. Tous ces documents seront déposés au niveau de la douane de Madagascar.

Qui sont les importateurs ?

Il y a deux sortes d’importateurs, les grossistes achetant la vanille de Madagascar dans le but de la réexporter et les industriels (chocolatiers, producteurs de boissons, parfumeurs…). Pour les pays importateurs, les États-Unis viennent en tête de liste, sachant qu’au fil du temps la vanille malgache a fini par faire partie des produits naturels les plus prisés par les consommateurs américains, aux côtés du cari indien, et du gingembre australien. Les USA importent cette épice non seulement pour la consommation locale, mais également pour la réexporter vers d’autres pays, sous forme de gousses ou sous d’autres formes. Ils sont suivis de l’Union Européenne (principalement la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne et les Pays-Bas), sachant que la France et l’Allemagne sont les principaux ré exportateurs de cette épice, notamment vers l’Italie. En effet, près de la moitié du volume de vanille importée est destinée à être réexportée à destination d’autres pays européens.

Marché européen et vanille de Madagascar

L’arôme vanille est l’un des plus appréciés en Europe, sachant qu’il représente l’ingrédient phare de plusieurs préparations culinaires, comme le flan à la vanille ou encore la glace à la vanille. Toutefois, l’importation européenne tend à baisser à cause des du cours de la vanille ces dernières années. Pire encore, certains producteurs de crèmes glacées envisageraient même d’éliminer la saveur vanille de leurs menus.

En outre, le prix élevé de cette épice a fait que plusieurs industriels l’ont remplacée par de la vanille de synthèse, beaucoup moins chère.

Quel est le prix au détail de la vanille de Madagascar ?

En fait, le prix de vente au détail n’a rien à voir avec les prix de la vanille à son arrivée dans le pays importateur, ce qui est tout à fait logique. En effet, différents frais viennent s’ajouter au prix d’importation, comme l’emballage et le transport. En 2018, alors que le prix de la vanille était compris entre 600 et 700 dollars le kilogramme, le prix au détail pouvait facilement atteindre 2.990 € le kilo dans certains pays européens.

Quelles sont les exigences en matière d’importation ?

La vanille de Madagascar doit répondre aux contraintes relatives à l’hygiène et à la traçabilité, et ce conformément à la réglementation en vigueur. Certaines exigences peuvent causer en cas de non-respect, le refus du produit à la frontière ou son retrait du marché, lors des contrôles. Ainsi, pour le marché européen à titre d’exemple, la teneur de l’épice en résidus de pesticides (séchage artificiel au feu), ainsi que le taux de sa contamination en mycotoxines sont prédéterminés. Par contre, si la vanille de Madagascar contenait des salmonelles, elle serait interdite à l’importation, notamment pour le marché européen. Aussi, certaines pratiques de séchage peuvent causer une contamination en hydrocarbures aromatiques polycycliques.

En outre, certaines normes faisant partie de la Global Food Safety Initiative, peuvent représenter des critères de sélection lors du choix d’un fournisseur. On peut citer Food Safety System Certification (FSSC 22000) ou encore la British Retail Consortium (BRC) pour les importateurs du marché britannique.

Quelles opportunités sont possibles avec de la vanille importée ?

La vanille est le plus souvent importée en gousse entière, toutefois la transformation de cette épice en produits dérivés est effectuée dans les pays importateurs. La raison est que par souci de qualité, les importateurs préfèrent procéder eux-mêmes à la transformation de la vanille, en exerçant un meilleur contrôle sur le processus.

Quels sont les principaux concurrents de la vanille de Madagascar ?

Il y a tout d’abord la Jamaïque avec 6%, l’Indonésie avec 5.6%, l’inde avec 5% puis la Papouasie-Nouvelle-Guinée avec un taux de 2,6%. Même si la place de marché de ces pays est significative, elle est loin d’égaler celle détenue par l’île de Madagascar à elle seule. Cependant, au vu des nombreux problèmes dont souffre Madagascar en matière de culture de cette épice tant convoitée, ces petits pays producteurs-exportateurs pourraient jouer un rôle assez important à l’avenir, c’est pourquoi le gouvernement malgache doit réorganiser l’ensemble de la filière vanille.

Quels sont les problèmes pouvant nuire à la qualité de la vanille malgache ?

Hormis les catastrophes climatiques, la filière vanille souffre de plusieurs problèmes, comme le vol des récoltes poussant plusieurs paysans à récolter leurs gousses avant maturité. Aussi, parmi les problèmes dont souffre ce secteur, il y a le séchage rapide des gousses dans le but d’augmenter la vitesse de préparation, tout en réduisant les coûts de production. Ces pratiques impactent grandement la qualité de la vanille de Madagascar, laquelle risque de ne pas dévoiler tous ses arômes.

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